Pour en savoir plus sur la résidence en pédiatrie

15 novembre 2011

Le Groupe d’Intérêt en Pédiatrie s’est donné comme mission d’informer les étudiants du préclinique à propos de la pédiatrie. Nous avons dans un premier temps pensé en démystifier le programme de résidence. Ainsi, voici en primeur pour vous un résumé de l’entrevue téléphonique que le Dr Olivier Jamoulle, directeur de la résidence en pédiatrie à l’Université de Montréal (CHU Sainte-Justine), nous a généreusement accordée.

Comment est structurée la résidence en pédiatrie?

Comme la résidence est réglementée par le Collège Royal, le programme est assez uniforme dans les 17 universités canadiennes qui l’offrent. Il débute avec un tronc commun de trois ans incluant 13 périodes de stage (dont un en région). Pour ceux qui désirent ensuite se consacrer à la pédiatrie générale, il y a une année supplémentaire à compléter dans le sujet qui les intéresse. Cette ultime année est assez flexible au niveau de l’horaire. Pour ceux qui sont intéressés à se spécialiser davantage, il y a à nouveau un processus de sélection et deux ou trois années supplémentaires d’études.

En comparaison aux autres centres hospitaliers, qu’est-ce que le CHU Sainte-Justine a d’intéressant à offrir aux étudiants?

Dr Olivier Jamoulle

Je ne voudrais pas dire du mal des autres universités parce que l’enseignement qu’elles offrent est excellent. Je dirais que la force principale de Sainte-Justine, c’est le débit impressionnant de patients que nous recevons et l’opportunité d’exposition à une grande variété de cas parfois très complexes. De plus, l’ambiance y est chaleureuse et nous apporte une certaine fierté : celle de faire partie d’une belle et grande famille.

Quels sont les atouts principaux recherchés chez les candidats à la résidence en pédiatrie?

Notre choix est principalement basé sur notre appréciation du dossier, de l’entrevue et de la lettre de motivation (la pondération exacte se retrouve sur le site du CARMS). Les 10 évaluateurs convoquent chaque année environ 50 étudiants en entrevue (stations de style ECOS) et établissent un classement selon l’intérêt et la motivation que ces derniers ont semblé démontrer.

Est-ce vrai qu’il y a beaucoup plus de postes disponibles aujourd’hui qu’il n’y en avait il y a quelques années? Est-ce que la résidence en pédiatrie est encore dite « contingentée »?

En 2011, il y avait 12 postes à combler à Sainte-Justine alors qu’il pouvait y en avoir aussi peu que cinq il y a quelques années. Au Québec, il y a environ 40 postes pour 100 à 120 postulants, alors je ne crois pas que l’on puisse affirmer que la résidence soit si contingentée.

Que pensez-vous du nombre croissant d’hommes en pédiatrie?

Depuis deux ans, deux hommes sont acceptés en résidence en pédiatrie et cela m’enchante, bien que nous ne favorisions les hommes d’aucune façon lors des entrevues. Je crois qu’il devrait y avoir autant de femmes que d’hommes en pédiatrie, car cela offre un éventail d’approches beaucoup plus complet.

Quels sont les divers cheminements scolaires possibles pour en arriver à travailler avec les patients pédiatriques?

De mon point de vue, les pédiatres sont des consultants. Ce sont donc les médecins de famille qui devraient constituer la première ligne auprès des enfants, et donc la médecine familiale me semble une très belle opportunité de côtoyer les jeunes patients. Certaines UMF sont d’ailleurs spécialisées pour les enfants. Sinon, il est aussi possible de compléter sa médecine interne et de devenir par la suite spécialiste en médecine de l’adolescence, mais ce n’est pas un parcours classique.

Croyez-vous que les étudiants au préclinique sont assez exposés à la pédiatrie?

Bien qu’ils n’aient pas beaucoup de contact avec la pédiatrie au préclinique, je crois que le stage de deux mois à l’externat et l’exposition à des patients pédiatriques dans d’autres stages permettent de confirmer ou d’infirmer l’intérêt d’un étudiant pour cette spécialité.

Pour ceux qui désireraient tout de même en apprendre davantage sur la pédiatrie au niveau préclinique, quelles sont les opportunités?

Malheureusement, il n’y a aucune structure officielle qui puisse vous permettre de vous rapprocher du milieu de la pédiatrie avant les stages. Cela repose donc sur des initiatives personnelles.

De quelle façon est répartie votre pratique?

Étant donné que je suis directeur de programme, j’ai beaucoup de gestion à faire, mais ma pratique demeure essentiellement clinique. Je suis impliqué dans quelques projets de recherche (projet sur l’intoxication à l’acétaminophène chez l’adolescent, projet sur l’anorexie chez les jeunes de moins de 12 ans, projet sur l’impact du nombre d’heures de garde effectuées par les résidents, etc.), mais il n’y a aucun temps protégé pour cela dans mon horaire ; j’y consacre les quelques heures par mois que je peux bien y consacrer.

On peut lire sur le site du CHU Sainte-Justine que vous avez un grand intérêt pour le TDAH chez l’adolescent. Qu’est-ce qui stimule cette passion?

Les patients adolescents sont, dans leur ensemble, très intéressants à côtoyer, car ils amènent un lot de pathologies bien particulières (beaucoup de troubles alimentaires ou de problèmes reliés aux substances, par exemple). Les ados qui souffrent de TDAH forment à mes yeux une clientèle très mal desservie. Ils ont des problèmes d’estime de soi, des troubles de conduite, des difficultés scolaires, etc. Leur situation m’interpelle énormément, car elle me permet d’allier les approches pharmacologique et psychosociale.

Selon vous, est-ce facile de concilier travail et famille en pédiatrie?

Durant la résidence, il faut avouer que ce n’est pas facile, bien qu’il y ait huit grossesses en cours sur 40 résidents en ce moment. Cela exige énormément d’organisation et impose plusieurs sacrifices, mais ce n’est pas impossible. Après la résidence, il devient beaucoup plus facile d’organiser son horaire selon ses besoins (centre hospitalier vs bureau).

En terminant, auriez-vous un commentaire à émettre sur votre profession?

C’est une spécialité extrêmement stimulante et gratifiante qui offre la particularité de travailler non seulement en collaboration avec le patient, mais aussi avec sa famille!

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Pour clore le tout, nous tenons à remercier le Dr Olivier Jamoulle de s’être si gentiment prêté à cette petite rafale de questions. Notez par ailleurs qu’il est possible d’obtenir énormément d’informations pertinentes sur le site du CARMS.