
À l’heure où la performance et la beauté sont portées au sommet des critères de succès, les adolescents vivent au quotidien une pression énorme qui les pousse à tenter tant bien que mal de répondre aux exigences véhiculées par les médias et la société en général. C’est principalement à partir de cette idée de base que Rania Gosselin-Papadopoulos (Faculté de médecine de l’UdeM) et Julie Nguyen (Faculté de médecine, McGill) ont développé le projet Fiers et en forme. Ce projet s’articule autour d’ateliers préventifs dont la thématique principale est l’image corporelle, facteur commun à plusieurs comportements à risque chez les adolescents.
Source: Forces AVENIR
Le projet Fiers et en forme a remporté, le 26 octobre dernier, le Prix avenir santé remis au Gala Forces AVENIR. Le projet avait déjà reçu en septembre 2010 la Bourse des résidents pour la défense d’intérêts des enfants de la Société canadienne de pédiatrie. Le programme universitaire de Forces AVENIR vise à reconnaître, à honorer et à promouvoir les étudiants universitaires qui font preuve d’excellence et d’engagement de façon remarquable tout en poursuivant avec rigueur leurs études.
Que représente pour vous l’obtention de ce prix?
Il représente un coup de pouce financier, mais c’est aussi bien plus que ça. C’est l’occasion de se faire connaître et cela signifie prendre de l’ampleur. Nous souhaitons que le plus de jeunes au Québec, et même au Canada, profitent d’un atelier comme le nôtre. Un prix Avenir, c’est surtout une grande visibilité. Le gala Forces Avenir en lui-même nous a permis de faire connaissance avec des gens de partout au Québec intéressés à débuter le projet dans leur coin de pays. Donc, notre seule présence au Gala de mercredi soir nous a permis de nous faire connaître. D’un autre côté, le fait d’être lauréat nous touche, parce que pour nous cela veut dire que des gens reconnaissent l’importance de l’estime de soi, les gens reconnaissent qu’il faut agir pour faire prendre conscience aux jeunes tout ce qui influence leur image corporelle.
En quoi votre projet est-il particulièrement pertinent?
Nous croyons qu’une bonne estime de soi permet de mener une vie équilibrée et satisfaisante. Posséder une bonne estime de soi permet d’éviter des conduites périlleuses comme les régimes excessifs pouvant mener à des troubles alimentaires ou des comportements sexuels à risque. L’image corporelle est un des enjeux qui fait varier l’estime de soi. Il n’est pas le seul, mais dans notre société, il prend beaucoup trop de place ! Durant nos ateliers, nous tentons de faire prendre conscience aux jeunes que l’image corporelle n’est pas tout, que chacun d’entre nous possède d’autres forces qui peuvent améliorer notre estime de nous-même. Nous tentons aussi de leur démontrer comment l’image corporelle est influencée par toutes sortes de facteurs, dont les médias, et que ceux-ci ne donnent que très peu souvent l’occasion de valoriser notre image corporelle.
Quels sont vos projets pour Fiers et en forme?
À court terme, en plus d’entamer sa deuxième année à Montréal, le projet sera développé par des étudiants universitaires dans la ville de Québec. Des écoles secondaires et des milieux communautaires des environs recevront des présentations Fiers et en Forme dès cette année. À plus long terme, nous souhaitons que toutes les écoles du Québec connaissent le projet, et que tous les intervenants auprès des jeunes prennent conscience d’abord de l’importance de développer une bonne estime de soi à l’adolescence et également de la possibilité d’utiliser nos services pour faire réfléchir leurs jeunes. Nous rêvons aussi de former des présentateurs partout au Canada, encore une fois pour s’assurer que le plus de jeunes possible profitent d’un tel atelier. Et puisqu’on y est, pourquoi ne pas nous faire connaître de nos voisins du Sud ? N’est-ce pas que Michelle Obama est très impliquée à propos de l’image corporelle chez les jeunes américains ?
