Au-delà de la médecine…

6 décembre 2010
Apprentissage des points de suture lors du Skills Day

Je me permettrai une rapide tranche de vie personnelle. Septembre 2009 : j’entre en année préparatoire, des rêves plein les poches, de la motivation et de l’énergie à revendre. Je m’embarque en médecine avec, réellement, une flamme dans les yeux : je veux prendre soin des gens, je veux les écouter me raconter leur histoire, les soigner, les accompagner dans les moments difficiles. Bref, je suis prête.

Et là, j’avoue bien humblement que mon enthousiasme et mon énergie sont très rapidement refroidis par les innombrables cours d’anato, de bio cell, les rapports de bio mol, les heures d’études interminables… Ma motivation en prend tout un coup. Je comprends rapidement que le rêve est encore loin devant et que le parcours sera long et ardu. Alors, où trouver l’énergie d’avancer durant toutes ces années à venir? Question essentielle, parce que je vous dirai une chose qui deviendra de plus en plus évidente au fur et à mesure des études universitaires: la motivation et la passion sont les biens les plus précieux des étudiants. Aussi faut-il les trouver, ce qui est loin d’être évident. Alors, comment faire? Impliquez-vous, vous dira-t-on. Trouvez ce qui vous allume parmi les mille et un projets de la Faculté (il y en a – littéralement – pour tous les goûts) et sortez des livres et des codex, ajoutera-t-on; et l’on aura pleinement raison.

Pour ma part, et je vous souhaite sincèrement la même chose, j’ai eu l’immense chance de trouver ce qui m’allume. L’année dernière, j’ai eu le plaisir de redécouvrir ma passion pour la médecine en m’impliquant au sein du GIMF. Et là, vous me permettrez, à l’occasion de cette édition spéciale sur la médecine familiale, de partager avec vous, le temps de quelques lignes, mon enthousiasme pour ce groupe…

Commençons par le début : qu’est-ce que le GIMF? Bien que le nom soit assez explicite (Groupe d’Intérêt en Médecine Familiale), beaucoup encore ne savent pas qui l’on est, ni ce qu’on fait exactement. Que ce soit clair : le but du GIMF n’est pas de vous recruter en médecine familiale, ni de vous prouver que la médecine familiale est meilleure que les autres spécialités. Ce qu’on cherche plutôt à faire, c’est modifier l’image que les étudiants ont de la pratique généraliste, qui est très souvent teintée de nombreux préjugés. « La médecine de famille, ça se résume à soigner des grippes et des rhumes. » Hum… Saviez-vous que la très grande majorité des médecins à l’urgence sont des médecins de famille? Saviez-vous que la plupart des médecins qui travaillent dans les pays en voie de développement comme Médecins sans frontières sont aussi des médecins de famille? Saviez-vous que les médecins que l’on envoie dans l’espace sont, vous l’aurez devinez, également médecins de famille? On est loin des simples grippes et rhumes. De l’action, il y en a à revendre.

« Le médecin généraliste passe ses journées à référer aux spécialistes. » Hum. Saviez-vous qu’un bon médecin de famille devrait, en moyenne, être en mesure de régler 90% des problèmes qui lui sont présentés sans avoir recours aux spécialistes? Alors, certains paniquent : « Pour être un médecin de famille compétent, il faut tout savoir. » Hum… C’est un apprentissage différent certes, le généraliste travaillant plus en termes d’étendue de connaissances versus l’apprentissage en profondeur d’un champ particulier. Cependant, la quantité de connaissances à acquérir est comparable. Et si je vous disais qu’il est possible et même fréquent de se « spécialiser » dans le domaine de la médecine familiale? Après quelques années, plusieurs omnipraticiens choisissent de concentrer leur pratique par exemple sur les soins palliatifs, ou sur la médecine d’urgence, la gériatrie, les populations défavorisées, les accouchements, les soins à domicile, le domaine de la recherche, la clinique, etc. Et le plus beau dans tout ça, c’est que contrairement aux autres spécialités, si après quelques années à faire de l’urgence (par exemple), vous voulez vous orienter vers quelque chose de complètement différent, il est possible et relativement facile de le faire. Et pour ceux que tout intéresse et qui veulent toucher à tout, eh bien vous pouvez adapter vos choix selon vos envies et vos besoins et en faire une médecine à votre image.

Voilà ce que le GIMF veut vous faire découvrir par toutes ses activités chaque année : à travers de multiples conférences, des soupers-mentorats, du symposium de septembre et du Skills Day en hiver, nous voulons vous montrer l’incroyable diversité et les mille et une possibilités qui existent en médecine de famille. Nos activités sont faites pour tous, même pour ceux qui savent déjà vouloir aller dans une spécialité autre que la médecine familiale. C’est l’occasion unique de rencontrer des gens qui sont véritablement passionnés par ce qu’ils font, d’aborder des sujets originaux et fascinants, bref, d’aller au-delà de la médecine…

Source: Journal Le Pouls, Décembre 2010

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Commentaires

  1. Bravo Marie Pierre

    Je suis certain que tante Marianne doit être assez contente de voir que ton intérêt pour la MF suit ses penchants en médecine, elle qui nous prouve constamment sa maîtrise et sa compétence dans ce domaine.
    De plus je suis tellement d’accord avec ton article, car peu importe le problème de santé que l’on a c’est toujours vers un Médecin de Famille que l’on se tourne…
    Bravo pour ta motivation et ton implication dans ce groupe

  2. Toutes mes félicitations Marie-Pierre. Nous sommes fiers de toi!!
    Et c’est vrai que tante Marianne doit être fière d’avoir une belle relève passionnée et convaincue.
    Tu es très convaincante…
    Jacqueline

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