
Un projet de collaboration inédit entre l’Université et le CSSS du Sud de Lanaudière permet aux étudiants de faire des stages dans un environnement interprofessionnel et directement lié à leurs apprentissages.
Tous sont mis à contribution de sorte que le projet est un modèle d’interdisciplinarité. Les départements de médecine et de nutrition, l’École de réadaptation et l’École d’orthophonie et d’audiologie sont engagés dans le projet. Ainsi que les facultés de médecine, de pharmacie et des sciences infirmières. L’École de service social y a aussi sa place et le Département de psychologie y est attendu sous peu.
Les premières équipes de stagiaires ont été accueillies au cours de l’automne.

« Pour nous, c’est un rêve qui devient réalité », indique d’emblée Christine Colin, vice-doyenne aux sciences de la santé et aux relations internationales à la Faculté de médecine.
Michel Bouffard, directeur général du CSSS du Sud de Lanaudière, est tout aussi enthousiaste, d’autant plus que c’est lui qui, au départ, est allé rencontrer les gens de la Faculté pour leur proposer une collaboration plus étroite. « Nous voulions accroître notre mission d’enseignement et de recherche tout en offrant des stages plus adaptés aux étudiants », souligne-t-il.
L’idée des communautés de pratique est donc venue au fil des échanges, notamment parce que les facultés, départements et écoles de santé de l’Université de Montréal venaient de créer un volet de formation théorique en pratique collaborative pour tous leurs étudiants.
« Avec le Centre de pédagogie appliquée en sciences de la santé et avec les professeurs des unités concernées, nous concevons des cours qui apprennent aux étudiants à travailler ensemble et qui leur font découvrir les professions avec lesquelles ils auront à collaborer. Nous voulions toutefois trouver un milieu clinique où ils pourraient appliquer les notions apprises dans des équipes interdisciplinaires », explique la Dre Colin.
Christine Colin fait remarquer qu’il s’agit là d’un changement très important. « Il ne s’agit pas d’une opération cosmétique, nous sommes face à un changement profond, ne serait-ce que parce que c’est la première fois que toutes les facultés unissent leurs efforts dans le but de former ensemble nos étudiants. »
Un long processus
Pour recevoir les équipes d’étudiants, le milieu de stage doit se préparer. « Le CSSS du Sud de Lanaudière devait arriver à constituer de véritables communautés de pratique pour offrir aux patients et aux étudiants ce qu’on appelle des pratiques exemplaires », précise la Dre Colin.
« Nous étions très intéressés par le projet parce qu’à nos yeux, c’était l’occasion idéale de parfaire notre approche interdisciplinaire », signale pour sa part M. Bouffard.
Les équipes de professionnels ne sont pas constiuées selon un cadre rigide, mais en fonction des besoins réels des patients. Par exemple, en gériatrie, on peut réunir un médecin, un infirmier, un ergothérapeute, un physiothérapeute, un travailleur social et un psychologue ; en clinique jeunesse, l’équipe pourra comprendre un médecin, un infirmier, un nutritionniste, un travailleur social et un psychologue.
Jusqu’à maintenant, une trentaine de professionnels et de cadres du CSSS du Sud de Lanaudière ont formé des communautés de pratique. Ces équipes multidisciplinaires se rencontrent fréquemment pour discuter et pour s’entendre sur de meilleures façons de travailler ensemble.
« Pour faire progresser en-core davantage la pratique, nous avons même invité des patients à participer aux réunions », dit M. Bouffard.
L’Université de Montréal aide les communautés de pratique du CSSS du Sud de Lanaudière à se mettre en place et leur propose des outils de formation qui facilitent leur cheminement.
Pour une performance accrue
Ce n’est pas un hasard si la Faculté de médecine de l’UdeM et le CSSS du Sud de Lanaudière ont opté pour les communautés de pratique.
« L’interdisciplinarité est une priorité du Réseau universitaire intégré de santé, soutient Christine Colin. En fait, c’est une réponse aux besoins dans le domaine de la santé qui ne cessent de croître alors que les budgets alloués ne pourront pas toujours augmenter. Nous devons donc apprendre à mieux travailler ensemble et de manière plus efficace. »
L’organisation de stages interprofessionnels de pratique collaborative au CSSS du Sud de Lanaudière est un projet pilote, et, si les résultats sont concluants, l’Université de Montréal s’alliera avec d’autres milieux cliniques pour élaborer des stages qui comprendront des activités interdisciplinaires afin qu’un plus grand nombre d’étudiants puissent en bénéficier.
