
Après plusieurs années où des postes de résidence en médecine familiale au Québec restaient non comblés, cette discipline exerce maintenant auprès des futurs résidents un attrait comparable aux autres spécialités. Ces résultats s’inscrivent dans le cadre d’une récente tendance au niveau québécois et même canadien à choisir davantage la médecine familiale comme résidence.
En 2012, 123 postes sur 130 de résidence en médecine familiale dans le réseau de l’UdeM ont été comblés, dont tous ceux offerts à Montréal. En région, seulement 7 postes sont restés vacants. Cette performance tranche nettement avec l’année 2011, où 31 postes de résidence en médecine familiale étaient restés vacants dans le réseau de l’UdeM et 54 au niveau provincial.
45% des résidences se font présentement en médecine familiale, alors qu’elles étaient établies par décret gouvernemental à 40% pendant plus d’une vingtaine d’années. Le ministère de la Santé souhaite, d’ici trois à cinq ans, que 50% des postes soient attribués aux résidents en médecine familiale. C’est la reconnaissance qu’un système de santé efficace s’appuie sur une première ligne forte et bien organisée, comptant davantage de médecins de famille. Encore aujourd’hui, entre 25 et 30 % des Québécois sont à la recherche d’un médecin de famille.
Selon Jean Pelletier, directeur du Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’UdeM, «cette nouvelle s’accompagne d’un sentiment très fort de responsabilité de maintenir la qualité de la formation de ces résidents supplémentaires». Il attribue cet excellent résultat à l’ensemble des actions réalisées dans le plan d’action facultaire de valorisation de la médecine familiale, notamment en intégrant les étudiants dans les modalités du processus d’admission et en permettant une présence plus importante des médecins de famille dans les activités du programme MD: APP, IMC-IDC, stage d’externat de médecine familiale allongé, GIMF.
Cette nouvelle situation transforme nécessairement le message qui est transmis aux futurs médecins par les Facultés. «Ils ne doivent pas choisir la médecine de famille par dépit, mais plutôt parce qu’ils l’aiment profondément et parce qu’ils ont envie d’être des médecins de famille», lance Louise Authier, directrice du programme de médecine de famille à l’UdeM. Rien n’est définitivement acquis, selon elle, et les efforts pour valoriser la médecine familiale faits au cours des dernières années doivent être poursuivis, ne serait-ce que pour tenter de soulager nos urgences qui jouent présentement trop souvent un rôle de première ligne.
Très heureuse de la réponse des externes à adhérer davantage à la carrière de médecin de famille, Louise Authier hésite à parler d’un effet de cohorte. «J’espère qu’il s’agit du fruit du travail des trois dernières années visant à valoriser davantage la médecine de famille dans les Facultés et les hôpitaux.» Parmi ces efforts, elle note qu’on commence à reformuler la présentation de certaines situations cliniques dans les APP (apprentissage par problème) présentés aux étudiants, parfois défavorables à la médecine de famille. Elle ajoute enfin que la médecine familiale est maintenant reconnue comme une spécialité et l’amélioration de la rémunération.
Elle souligne enfin le travail remarquable du Groupe d’intérêt en médecine familiale (GIMF) du Département, formé d’étudiants très actifs. Leur événement majeur est le Symposium étudiant de médecine familiale, présenté annuellement en alternance par l’une des quatre universités québécoises offrant la formation en médecine familiale. Plus de 500 étudiants en médecine familiale y participent annuellement. Ce symposium sera par ailleurs présenté le 15 septembre prochain à l’UdeM. Le GIMF organise également des ateliers pratiques, diverses conférences et des soupers mentorat avec des médecins de famille. L’ensemble des GIMF québécois publient avec le soutien de la FMOQ, Première ligne, une revue Web sur la médecine familiale. Les étudiants, lorsqu’ils sont passionnés, sont souvent les meilleurs ambassadeurs de leur future profession.
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