Promouvoir et protéger la santé est essentiel au bien-être humain et à un développement économique et social durable. Le rapport de l’OMS sur la santé dans le monde 2010 décrit les mesures que les pays peuvent prendre pour modifier leurs systèmes de financement de santé afin d’atteindre plus rapidement une couverture universelle des soins, et de la maintenir une fois concrétisée. Or, pour la grande majorité des pays en développement, la couverture universelle est un objectif plutôt lointain et les contraintes liées aux ressources obligent à des choix parfois difficiles.
Grâce à un partenariat avec l’OMS et l’Université de Bergen et avec des institutions nationales en Inde et en Namibie, Mira Johri, professeur au Département d’administration de la santé, développe un instrument novateur de priorisation et d’aide à la décision. L’instrument sera adapté et utilisé pour la première fois en Inde et en Namibie afin d’aider ces pays à définir leur propre voie vers une couverture universelle.

En santé publique, les décideurs font face à des questions épineuses, faut-il allouer plus de ressources pour soigner les maladies très graves ou pour traiter celles, moins graves, qui touchent le plus de monde? En matière de prévention comment choisir les thèmes prioritaires ; et aux dépends de quelles autres interventions? « Ces questions de priorisation se posent pour tous les systèmes de santé, mais, à cause de la rareté des ressources, elles se posent de manière spécifique pour les pays en développement. », explique Mira Johri.
«Nous avons développé un instrument, sous forme de check-list, qui tient compte à la fois des notions d’efficience et des questions d’équité. Il permet aussi d’intégrer des facteurs contextuels s’ils sont jugés pertinents. Par exemple, dans certains pays, certaines tranches d’âge jouent un rôle socio-économique important. Les individus qui la constituent assurent la survie de toute leur famille élargie. Il devient dès lors pertinent de prioriser les actions de santé qui les touchent, afin d’éviter de nombreux décès dans ce groupe, entrainant des pans entiers de la population dans l’extrême pauvreté.», explique la chercheure. Pour constituer cet instrument Mira Johri et ses co-chercheurs, ont mené une vaste revue de littérature et identifié les méthodes quantitatives et les approches permettant de coupler les analyses coût/efficacité avec les notions d’équité et de définition des priorités.
Grace à un financement du CRDI, cet instrument ne tardera pas à être utilisé, notamment dans l’état d’Andhra Pradesh, en Inde, qui a mis en place une couverture des soins de santé dont bénéficient aujourd’hui 20 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. « De plus en plus d’états en Inde, se dotent d’un régime d’assurance public comme moyen de contrer la pauvreté. Les questions auxquelles font face les décideurs indiens sont nombreuses: quels services doivent être remboursés? dans quelle mesure? sont-ils coûts/efficaces? Et, à qui en élargir l’accessibilité? Nous pensons que notre instrument pourra être utile dans ce processus et faire émerger des politiques plus justes et plus efficientes. », conclut Mira Johri. L’instrument sera également mis à profit en Namibie.
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Andhra Pradesh Inde Health Care Trust ›››
