Lancement réussi d’un essai portant sur un nouveau dispositif conçu pour traiter les patients atteints d’angine réfractaire

23 février 2011
Le réducteur Neovasc

L’équipe de cardiologie interventionnelle de l’Institut de Cardiologie de Montréal (ICM) a débuté récemment le recrutement des patients pour un nouveau dispositif, le réducteur NeovascMC, conçu pour traiter les patients atteints d’angine réfractaire. La méthode de traitement représente une première en Amérique du Nord et fait partie d’une étude internationale, l’essai COSIRA. Ce traitement innovateur s’avère prometteur pour les milliers de Canadiens sévèrement atteints d’angine réfractaire, et qui n’ont pas d’autre moyen de soulager leurs symptômes et d’améliorer leur qualité de vie.

L’angine réfractaire est un problème de santé douloureux et qui affaiblit causé par une insuffisance coronarienne qui n’amène pas assez de sang jusqu’au muscle cardiaque. Il touche actuellement plus de deux millions de personnes à travers le monde, lesquels mènent souvent une vie fortement restreinte et pour qui il existe peu d’options de traitement. L’angine réfractaire croît présentement en raison des meilleurs traitements des maladies coronariennes qui réduisent la mortalité et augmentent le nombre de patients dont la maladie est à un stade avancé.

Conçu au Canada par Neovasc Inc., le réducteur est introduit dans une veine du sinus coronaire en ayant recours à une intervention minimalement invasive. Cette procédure qui permet de placer le dispositif ressemble à l’implantation d’un stent coronaire et prend environ 20 minutes. Le réducteur est conçu pour effectuer un rétrécissement permanent et contrôlé du sinus coronaire. Cette nouvelle technique offre un soulagement des symptômes d’angine réfractaire en modifiant le débit sanguin dans le sinus coronaire, ce qui augmente la perfusion de sang oxygéné dans certaines parties du cœur qui ne reçoivent pas assez d’oxygène. Les patients admis obtiennent leur congé dans les 24 heures suivant l’intervention.

Dr Marc Jolicoeur

La première intervention a été effectuée par une équipe multidisciplinaire composée du Dr Marc Jolicoeur, du Dr Serge Doucet et du Dr Jean-François Tanguay, cardiologues hémodynamiciens, ainsi que du Dr Raymond Cartier, chirurgien cardiaque. « Tous les cas initiaux se sont très bien déroulés et nous croyons que les suites à long terme de cette intervention seront probants », a déclaré le Dr Marc Jolicoeur, qui est également professeur adjoint à la faculté de médecine de l’Université de Montréal. « Cette nouvelle méthode pour traiter l’angine réfractaire offre en toute sécurité des soins aux patients qui ne peuvent être soulagés par les options traditionnelles, qu’elles soient pharmacothérapeutiques, chirurgicales ou par cathétérisme interventionnel ».

On prévoit recruter jusqu’à 124 patients dans l’essai COSIRA (réducteur du sinus coronaire pour le traitement de l’angine réfractaire), une étude multicentrique, contrôlée par placebo et à double insu. Le principal critère d’évaluation de cette étude est l’efficacité dans la réduction des symptômes d’angine au bout de six mois. En plus de l’Institut de Cardiologie de Montréal, l’essai COSIRA recrute également des patients à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa et l’Institut cardiovasculaire d’Anvers et l’hôpital Ziekenhuis Oost-Limburg en Belgique. Il est prévu que d’autres sites se joindront à l’essai dans les prochains mois.

Les résultats des essais cliniques initiaux du réducteur chez l’humain ont été présentés à l’assemblée générale 2010 de l’American College of Cardiology. Ces données révèlent que trois ans après son implantation, le réducteur demeure sécuritaire et la plupart des 15 patients traités présentent toujours une amélioration tangible des symptômes d’angine.

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