Richard Garneau : marathonien retraité, commentateur actif

9 février 2011
Richard Garneau et le Dr Pascal-André Vendittoli

Lorsqu’il est question de l’orthopédiste qui lui a remplacé le genou gauche, le réputé commentateur sportif Richard Garneau n’hésite pas à sacrer le Dr Pascal-André Vendittoli grand champion, toutes catégories médicales confondues.

« C’est le meilleur orthopédiste au monde », décrète sans hésiter celui qui couvrira en 2012, à Londres, ses vingt-troisièmes Jeux olympiques en carrière. « C’est le seul que je connais, admet néanmoins en riant M. Garneau. Mais mon opération a été très réussie », renchérit l’analyste de sa voix chaleureuse.

Si les Québécois ont l’habitude d’entendre Richard Garneau derrière le micro à l’occasion d’épreuves sportives, peu savent qu’il a lui aussi franchi plusieurs fils d’arrivées au cours de sa vie. « J’ai fait 40 ans de course à pied et j’ai aussi couru quelques marathons », explique modestement le commentateur qui se dit d’un âge « vénérable ».

Assis aux côtés de son médecin, qui est aussi directeur de la recherche de la division d’orthopédie de l’Université de Montréal, Richard Garneau raconte avoir, pendant toutes ces années, couru jusqu’à 15 kilomètres par jour, et ce, 5 matins par semaine.

« J’ai continué à courir jusqu’en 2000, même avec la douleur. Si je me suis fait opérer, c’est que c’était devenu insupportable », souligne M. Garneau, qui a mis neuf ans avant de passer sous le bistouri. Avant les Jeux d’été d’Athènes en 2004, l’animateur a alors l’honneur de porter la flamme olympique sur quelque 400 mètres. « Désespéré » de ne pas pouvoir courir en raison de ses douleurs, il se résigne à marcher.

Mais ce n’est qu’aux Jeux d’été de Pékin, en 2008, que le passionné de sports a pris la décision qui allait lui donner un genou neuf. « Pour me rendre à ma place de commentateur, il fallait que je marche environ un kilomètre et je devais monter des escaliers… je n’avais pas de médicament antidouleur », se souvient Richard Garneau.

La réaction du médecin de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ne se fait pas attendre. « Ce qui est impressionnant, c’est l’importance de l’usure de vos genoux, explique alors le spécialiste à son patient, à qui il voue un grand respect. Parce que ce n’est pas tout le monde qui endure la douleur aussi longtemps avant de décider de recevoir les traitements », note le médecin, aussi grand amateur du Tour de France que son patient commente depuis des années.

Si Pascal-André Vendittoli trouve que Richard Garneau a tardé avant de consulter, il ne le blâme pas. Il connaît son emploi du temps extrêmement chargé. « Il fallait organiser la chirurgie entre deux voyages », raconte l’orthopédiste, qui lui a installé une « prothèse totale » du genou.

Ce type de prothèse est utilisé lorsque les structures du genou, les ligaments et les ménisques sont abîmés. Mineures au début, ces blessures contribuent à long terme à l’usure des articulations « d’une manière qui est similaire à celle des freins d’une voiture », illustre le Dr Vendittoli. Et ce sont souvent les athlètes qui pratiquent des sports « à risques », comme la course, le ski ou l’haltérophilie, qui sont plus susceptibles d’être atteints.

Pour soulager la douleur, les médecins remplacent les articulations usées par des articulations artificielles. Ils se servent d’un équipement à la fine pointe de la technologie pour l’installation de la prothèse afin d’obtenir le maximum de précision.

C’est d’ailleurs la spécialité de Pascal-André Vendittoli, qui a aussi remplacé les deux hanches de l’ancien entraîneur des Canadiens de Montréal, Guy Carbonneau. La réussite de ces chirurgies majeures dépend aussi de l’assiduité avec laquelle le patient effectue ses exercices de physiothérapie après l’opération, explique le médecin en se tournant vers Richard Garneau : « En vous regardant, j’ai remarqué que vous aviez une très bonne flexibilité…», diagnostique l’orthopédiste, visiblement heureux du résultat de son intervention et de la collaboration de M. Garneau dans ses efforts de rétablissement.

Puis, le médecin raconte sa surprise lorsqu’il a entendu son patient, supposément en convalescence, sur les ondes de Radio-Canada, et ce, pas même deux semaines après l’opération. « Le retour au boulot se fait normalement environ trois mois après une telle chirurgie », explique l’expert.

« Ils avaient installé un petit studio chez moi », plaide l’animateur, comme s’il avait été pris en défaut. Je n’ai cependant pas été capable de sortir de la maison avant deux mois et demi… », enchaîne-t-il. « Mais deux mois, c’est très vite, renchérit le Dr Vendittoli avec sérieux. Peut-être est-ce parce que vous faisiez de la course! », conclut le spécialiste dans un éclat de rire.

N’empêche, pour le médecin, un tel rétablissement hâtif signifie qu’il a réussi à redonner à son patient une meilleure qualité de vie. Et pour Pascal-André Vendittoli, lui-même très sportif, il s’agit de la plus grande des récompenses.