Assurer une formation de qualité, tel est l’engagement de Suzanne Véronneau-Troutman

3 mai 2008
Suzanne Véronneau-Troutman

Femme d’exception, la Dre Suzanne Véronneau-Troutman impose le respect et l’admiration. Ses nombreuses expériences professionnelles, ses valeurs profondes ainsi que son engagement social et pédagogique font d’elle une femme d’avant-garde.

Diplômée en 1957 de l’Université de Montréal, elle a été parmi les premières femmes à pratiquer la médecine et la première résidente en ophtalmologie dans le service du Dr Michel Mathieu à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. La Dre Véronneau-Troutman a toujours considéré comme prioritaire la formation de la relève. Récemment, elle a créé le Fonds de bourses Suzanne Véronneau-Troutman MD grâce à un don de 400000$ fait au Département d’ophtalmologie. Ces bourses visent à soutenir les étudiants à la maitrise ou au doctorat inscrits à temps plein dans les programmes de recherche en ophtalmologie.

Encourager la relève

Pionnière dans le domaine médical au Québec, elle a travaillé dur pour atteindre ses objectifs. Issue d’un milieu modeste, elle a confectionné des chapeaux une année entière afin de pouvoir payer ses études collégiales. Touchée par la détermination de la jeune femme, la directrice de son collège lui a donné la chance d’étudier à prix modique. Il s’agit de l’aide financière la plus importante qui lui a été accordée au cours de ses études. N’eût été son travail d’été dans un restaurant de Québec et le fait qu’elle résidait chez ses parents à Longueuil, elle n’aurait jamais pu poursuivre sa formation. Par conséquent, elle comprend parfaitement l’inquiétude des étudiants aux prises avec des difficultés financières.

Malgré ses nombreux engagements, le soutien aux étudiants et la qualité de la formation ont toujours été au cœur de ses préoccupations. En effet, en plus de sa pratique privée, la Dre Véronneau-Troutman a été à la barre de nombreuses cliniques des troubles de la motilité oculaire telle celle du strabisme à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Elle a aussi dirigé pendant 30 ans les cliniques du strabisme du New York Hospital Cornell Medical Center et du Manhattan Eye Ear and Throat Hospital, en plus d’avoir assumé la direction des cliniques du strabisme du Bronx Lebanon Hospital et du Catholic Medical Center of Brooklyn and Queens pendant plusieurs années. Tout au long de sa carrière, elle a fait preuve d’une rare perspicacité et a été d’une disponibilité peu commune pour ses étudiants. En 1970, à sa troisième année à New York, elle a reçu le prix des résidents en ophtalmologie du New York Eye and Ear Infirmary pour un enseignement exceptionnel. « L’éducation et la recherche ont beaucoup progressé au Québec, mais on doit encore améliorer les conditions de vie aux cycles supérieurs. »

Ce n’est pas uniquement la volonté d’aider la relève qui a conduit Suzanne Véronneau-Troutman à se rapprocher de son alma mater. Habitée par des valeurs humanistes, de justice et d’équité, elle a toujours été sensible à la place des femmes dans la société. Leur présence à des « postes clés » à l’Université de Montréal a sans aucun doute été un élément décisif.

L’élément déclencheur : la parité salariale

La parité salariale n’avait pas été obtenue à l’UdeM lorsqu’elle a institué en 1997, à l’UQAM, le Fonds perpétuel de dotation Denise-Véronneau, destiné à favoriser l’essor d’une relève qualifiée en éducation tout en perpétuant la mémoire de sa sœur, une grande pionnière de cet établissement universitaire. La Dre Véronneau-Troutman restera marquée par le témoignage des lauréats, qui affirment que sans ces sommes de 5000 ou 10 000 $ ils n’auraient pu continuer leurs études aux 2e et 3e cycles.

En 2005, elle invite le Dr Pierre Labelle, son ancien résident en ophtalmologie de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à venir assister à la cérémonie annuelle de remise des bourses à l’UQAM. Elle s’interroge à ce moment-là sur les possibilités d’accomplir ce même geste à l’Université de Montréal.

Cette année-là, en plus d’avoir nommé une femme, la Dre Hélène Boisjoly, à la direction du Département d’ophtalmologie de la Faculté de médecine, l’UdeM effectuait enfin un grand pas vers la parité salariale. Tous les ingrédients étaient en place pour la réalisation du projet de la Dre Véronneau-Troutman : la création d’un fonds de bourses perpétuel pour les étudiants en recherche en ophtalmologie à l’Université.

Le 25 mai 2007, à l’occasion de la Journée de recherche du Département d’ophtalmologie de la Faculté de médecine de l’UdeM, une première bourse SuzanneVéronneau-Troutman MD de 10 000 $ a été remise à Wassim Chatoo pour son projet de recherche sur la caractérisation du rôle de BMI1 dans les cellules souches de la rétine chez la souris. Dès cette année, ce sont deux bourses de 10 000 $ chacune qui seront versées.

La formation en trois temps

La Dre Véronneau-Troutman vit à New York depuis bientôt 40 ans. L’instauration de son fonds lui a fait renouer avec son université, avec la Faculté de médecine, dont elle est fière, mais aussi avec la ville de Montréal. Créer un fonds à son nom est une manière, selon elle, de ne pas être oubliée. Mais elle croit avant tout à la qualité de la formation. Ses parents ont toujours valoriser l’éducation et elle tente à son tour de transmettre cette valeur aux jeunes générations.

Ses nombreuses expériences à l’étranger, particulièrement en tant qu’ophtalmologue au Ghandi Eye Hospital à Aligarh, en Inde, l’ont profondément marquée et lui ont appris quels types de notions doivent être enseignées aux étudiants. Dans cet hôpital, elle a appliqué les théories de l’éthique qu’elle avait apprises à l’UdeM : elle y a soigné des patients sans tenir compte des classes sociales et des castes ; les pauvres y étaient traités avec respect.

La Dre Véronneau-Troutman est une femme active dans toutes les sphères de sa vie. Son incroyable générosité et son engagement exceptionnel sont des modèles à suivre.