La dépression et l’anxiété peuvent doubler les risques de maladies coronariennes

3 mai 2008
Le Dr François Lespérance

Les soucis de l’esprit peuvent peser lourd sur le coeur. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Université McGill montre qu’un grand état d’anxiété ou une dépression majeure peuvent doubler les risques de répétition d’épisodes d’insuffisance cardiaque chez un patient atteint de maladie coronarienne. Il s’agit de l’une des premières études à porter sur des patients aux prises avec une coronaropathie stable, à l’exclusion de personnes hospitalisées pour un problème comme une crise cardiaque.

Publiée dans l’édition de janvier d’Archives of General Psychiatry, cette étude a été réalisée par le Dr François Lespérance, professeur au Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’UdeM et directeur du département de psychiatrie du CHUM, et la Dre Nancy Frasure-Smith, professeure à l’Université McGill et chercheuse au CHUM et à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Les résultats ont révélé que, sur une période de deux ans, les risques de répétition d’un accident cardiaque chez les patients cardiaques sans trouble anxieux sont d’environ 13 %, comparativement à 26 % chez ceux qui souffrent soit de dépression majeure, soit d’anxiété.

« C’est la première étude à démontrer les fortes répercussions que l’anxiété et la dépression peuvent avoir sur les personnes souffrant de coronaropathie stable », a souligné le Dr Lespérance.

Les chercheurs ont questionné 804 personnes atteintes de coronaropathie stable et encore suivies par un médecin, mais renvoyées deux mois plus tôt à leur domicile après une hospitalisation. Les professeurs Frasure-Smith et Lespérance ont constaté que 27 % des répondants souffraient de dépression et que 41 % affichaient des signes d’anxiété. Un trouble dépressif majeur a été diagnostiqué chez environ 7 % des patients, tandis qu’à peu près 5 % d’entre eux avaient un trouble anxieux généralisé.

Puisqu’on sait maintenant que l’anxiété et la dépression majeure sont des indicateurs d’un accroissement des risques cardiaques, il est impératif que les patients vulnérables soient traités pour leur état tant cardiaque que psychiatrique, l’anxiété et la dépression pouvant être réduites par les antidépresseurs, mentionnent les deux chercheurs.