Une École de santé publique dès juin 2007

1 décembre 2007

« Il y a au Canada un intérêt croissant pour la santé publique », lance Christine Colin, vice-doyenne à la santé publique, aux sciences de la santé et aux relations internationales de la Faculté de médecine. Mais cet intérêt va bien au-delà des pandémies appréhendées, car la santé publique occupe un formidable terrain qui, outre la prévention et le contrôle des maladies infectieuses, englobe la santé au travail, la santé environnementale, la surveillance de l’état de santé, la prévention des maladies et des traumatismes et la promotion de la santé. En d’autres mots, il s’agit de la santé des populations et de ce qui y contribue sur les plans individuel et collectif.

« L’École de santé publique sera un moyen extraordinaire de faire plus et mieux en enseignement et en recherche », indique la vice-doyenne. La participation de plusieurs facultés à la nouvelle école rendra en effet possible la mise en place de projets novateurs au Canada, par exemple une maitrise en santé mondiale ainsi qu’une option « santé mondiale » au doctorat en santé publique.

L’intérêt pour la santé publique s’accroît à la vitesse grand V, dans un contexte où la santé est un droit que tous, riches et moins riches, peuvent réclamer. Il a déjà donné naissance à l’Agence de santé publique du Canada et à quelques centres d’expertise et d’excellence. La Faculté de médecine n’est pas en reste et a décidé de profiter de cet environnement pour lancer, le 17 mai dernier, le processus de création de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Il faut préciser que, même si ce projet a démarré au printemps passé, le secteur de la santé publique est bien enraciné à l’UdeM, puisqu’il y est présent depuis plus de 60 ans. « Il y a déjà eu une école d’hygiène (1945- 1975) qui a ultérieurement été intégrée à la Faculté de médecine. Par la suite, divers projets d’école de santé publique ont vu le jour, dont un avec l’Université McGill », résume la Dre Colin. Cependant, ces projets n’ont pas dépassé le stade de la réflexion interne. Cette fois-ci sera la bonne. Le processus de création, sous le leadership du doyen de la Faculté, s’appuie sur des travaux majeurs effectués en 1996 et bénéficie d’un contexte externe et interne propice à la réussite de son implantation.

Des conditions favorables

« Nous possédons, à la Faculté de médecine, des forces importantes en santé publique. La Faculté compte de nombreux acteurs dont l’influence est significative dans ce domaine. Au Québec, c’est clair que nous sommes les premiers en santé publique et nous nous situons certainement en tête de liste au Canada avec l’Université de Toronto », dit fièrement la vice-doyenne.

En plus des départements d’administration de la santé, de médecine sociale et préventive et de santé environnementale et santé au travail, la Faculté abrite huit chaires de recherche, le Groupe de recherche interdisciplinaire en santé, le programme de doctorat, l’Unité de santé internationale, le centre Léa-Roback et l’Axe Santé des populations du Centre de recherche du CHUM. Et la liste n’est pas exhaustive…

« Nous sommes aussi étroitement liés à d’excellents partenaires extérieurs et notamment aux directions régionales de la santé publique et à l’Institut national de santé publique du Québec », souligne la Dre Colin.

De plus, l’UdeM compte plusieurs autres facultés (arts et sciences, sciences infirmières, médecine vétérinaire, pharmacie) ainsi que des unités comme le Groupe de recherche sur les aspects sociaux de la santé et de la prévention qui sont engagées en santé publique et avec lesquelles elle collaborera plus intensément. Certains se demanderont peut-être quel rôle jouera la Faculté des arts et des sciences dans la future école. À ceux-là, il faut simplement rappeler que les aspects démographiques et sociaux de même que les politiques de transport et de logement, par exemple, ont une incidence sur la santé des collectivités.

« Toutes ces alliances expliquent la position clé qu’occupe l’Université à l’échelle provinciale comme à l’échelle nationale. »

La petite histoire de l’École

La Faculté a mis en place en mai dernier un comité de travail relatif à l’École de santé publique qui regroupe une vingtaine de membres (professeurs, chercheurs, étudiants, directeurs d’unité, représentants de faculté, partenaires extérieurs). Depuis sa formation, ce comité se réunit chaque semaine et a mené plusieurs consultations auprès des partenaires et de personnalités publiques.

« Aux mois de juin et de septembre, nous avons rencontré des experts en santé publique des scènes québécoise et canadienne ainsi que des leaders du système de santé (par exemple des présidents d’agences de santé et de services sociaux, le spécialiste en santé publique et ancien ministre Jean Rochon). Nous avons aussi rencontré les doyens des autres facultés concernées », mentionne la vice-doyenne.

Un pas important a été franchi avec l’élaboration du projet de mission de la future école. Par la suite, le comité s’est penché sur la vision, l’enseignement, la recherche et la structure afin de mettre en évidence la valeur ajoutée de cette nouvelle unité. La prochaine étape sera la remise d’un rapport définitif qui sera suivi d’une autre période de consultations. Le calendrier de travail prévoit en outre la constitution d’une équipe d’implantation et l’arrivée du nouveau-né… le 1er juin 2007 !

La structure proposée

Même si plusieurs partenaires envisageaient un établissement indépendant, les membres du comité semblent privilégier une école qui sera installée à l’intérieur de la Faculté de médecine. Ce choix a été fait après que plusieurs structures eurent été considérées, en tenant compte de l’état des finances et du processus de création d’une unité universitaire. Le comité désire « une école avec une structure novatrice qui permettrait aux représentants des autres facultés et des partenaires de siéger au conseil de cette école, au comité de l’enseignement et au comité de la recherche », explique l’ancienne sous-ministre adjointe à la Santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux. Elle ajoute que, pour la direction de la Faculté, il faut viser la mise sur pied d’une école à court terme afin que le projet démarre rapidement, tout en sachant que l’École pourra évoluer de plusieurs manières. Celle-ci pourrait sortir de la Faculté et peut-être même devenir une école nationale de santé publique.

Certains pays européens ou du continent (États-Unis, Brésil, etc.) possèdent déjà des écoles de santé publique. Au Canada, l’UdeM fera figure de pionnière en créant son école de santé publique et pourra ainsi continuer d’étendre son leadership dans tout le pays.