
Yves Duchastel est un homme de conviction. Comme médecin, il a pour préoccupation première de servir ses patients du mieux qu’il peut. En tant que citoyen, il est habité par des valeurs qui semblent ne l’avoir jamais quitté : la reconnaissance des établissements qui l’ont formé et l’esprit de solidarité. « Il faut garder à l’esprit que d’autres auront besoin d’avoir la même chance que nous avons eue ! »
Un privilégié de la vie
Médecin neurologue diplômé de la Faculté de médecine de l’UdeM en 1959, Yves Duchastel est, selon ses propres mots, un privilégié de la vie. En effet, pendant ses études, il a bénéficié de deux bourses majeures de formation pour aller parfaire sa spécialisation à l’étranger. Après trois années de résidence en neurologie à l’Hôtel-Dieu de Montréal, il reçoit en 1962 une première bourse pour étudier à l’hôpital Johns Hopkins aux États-Unis, puis une seconde en 1963, la bourse McLaughlin, qui cette fois l’amène à l’Institut de neurologie de l’hôpital Queen Square de Londres. Revenu de ces séjours d’études, il travaille à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, où il constitue et dirige une importante équipe clinique neurologique de 1974 à 1980.
Le lien du Dr Duchastel avec la Faculté de médecine aurait pu se défaire à la fin des années d’études du jeune médecin. Après l’achèvement de sa spécialisation, ce dernier était prêt à soigner les patients atteints de troubles neurologiques. C’est ce qu’il a fait et qu’il fait toujours depuis maintenant 43 ans. Cependant, il réalisa qu’il était redevable à l’Université des expériences de formation exceptionnelles qu’il avait eu l’occasion de vivre.
La petite histoire
Rentré à Montréal en 1964 à la fin de sa spécialisation, le Dr Duchastel est sollicité par l’Hôpital Johns Hopkins afin de contribuer au fonds d’aide universitaire. Touché par cette requête, il prend conscience de la chance qui lui a été donnée et décide plutôt de commencer progressivement à soutenir financièrement son alma mater en remboursant la valeur de sa formation de médecin à l’Université de Montréal. Son objectif est de redonner ce qu’il avait reçu. Son action de remise était une initiative novatrice au Québec à l’époque. Pour lui, cette idée s’articule autour d’un mode de pensée solidement ancré.
Une vision philanthropique
« Lorsque j’ai entrepris de remettre l’argent qui m’avait été versé, c’était une forme de reconnaissance envers la vie. » Avec le temps et le développement majeur de la philanthropie aujourd’hui, le Dr Duchastel est persuadé que le geste philanthropique fait partie des solutions dans le financement des établissements publics. « Les Canadiens français ont appuyé la mise en place d’institutions telles que l’oratoire Saint-Joseph, il y a 75 ans. Ces appuis peuvent maintenant inclure d’autres pro-jets porteurs d’avenir ! » Pourquoi pas l’Université de Montréal, semble-t-il dire ?
Le Fonds facultaire d’excellence
Récemment, le Dr Duchastel a décidé d’aller plus loin dans son engagement en donnant de son temps. Il est maintenant bénévole au comité du Fonds facultaire d’excellence dans un projet lié à ses préoccupations. Le Fonds facultaire d’excellence est destiné à augmenter les ressources financières de la Faculté afin d’entreprendre des actions stratégiques nécessaires au maintien et au développement de l’excellence, comme le recrutement de nouveaux chercheurs et l’accès à des fonds pour amorcer de nouvelles initiatives. « J’estime qu’il y a une tradition à instaurer auprès des diplômés en lien avec la philanthropie et la solidarité », déclare-t-il. Yves Duchastel participe donc, au comité du Fonds, à l’organisation d’activités et de rencontres de gens intéressés par l’essor de la Faculté de médecine. À la première réunion du comité, le Dr Duchastel a fait clairement part de son message et de sa vision du développement et de la philanthropie. « On doit reconnaitre que nous avons été privilégiés quant à l’accès aux études et aux nombreuses occasions qui nous ont été données d’avancer sur les plans personnel et professionnel ! Il y a un travail énorme à accomplir dans le développement philanthropique : il faut faire connaitre l’excellence liée à la Faculté de médecine et mobiliser l’attention, l’adhésion et le soutien de la communauté. »
Une filiation intéressante
Yves Duchastel a de qui tenir : neveu de Justine Lacoste-Beaubien, fondatrice du CHU Sainte-Justine, il se dit inspiré par ce modèle de vision et de détermination. Son autre modèle est Normand Bethune, ce médecin canadien adulé en Chine pour sa contribution comme chirurgien auprès des blessés de guerre lors de la Longue Marche de Mao Zédong. Le Dr Bethune a été l’un des premiers à réclamer au Canada l’exercice d’une médecine sociale.
Avec cette appréciation de la chance qu’il a eue, doublée du sentiment de solidarité envers la mission d’excellence de la Faculté de médecine, Yves Duchastel est à coup sûr un ambassadeur convaincant du Fonds facultaire d’excellence !
